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Ecosia renonce à Mistral pour des modèles ouverts, dont chinois

Cinq mois après avoir remplacé OpenAI par Mistral, Ecosia change de fournisseur d’IA et choisit des modèles ouverts hébergés en Europe par Melious.

Camille Lefèvre Par Camille Lefèvre
4 min de lecture
Ecosia renonce à Mistral pour des modèles ouverts, dont chinois
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Ecosia, le moteur de recherche allemand connu pour financer la reforestation, dit cesser de s’appuyer sur Mistral pour ses fonctions d’intelligence artificielle. Son fondateur se déclare déçu par les modèles de l’entreprise française et leur préfère des modèles à poids ouverts, notamment chinois, servis par une plateforme européenne.

En bref

  • Son fondateur se déclare déçu par les modèles de l’entreprise française et leur préfère des modèles à poids ouverts, notamment chinois, servis par une plateforme européenne.
  • Nous pouvons même leur en donner un accès anticipé dès aujourd’hui s’ils le souhaitent ».
  • Rien n’indique à ce stade que le moteur français abandonnera Mistral.

Cinq mois avec Mistral, puis la rupture

Le partenariat était récent. En mai, Ecosia avait remplacé OpenAI par Mistral, présenté comme le champion français du secteur. L’annonce est tombée le jour même où Mistral dévoilait Large 4, son nouveau grand modèle surnommé « Le Chonk », ce qui lui a donné une résonance particulière.

Le client n’est pas anodin. D’après Politico, cité par 01net, Ecosia compte parmi ses utilisateurs des institutions européennes, notamment le service national de santé britannique ainsi que le ministère de l’Environnement du gouvernement fédéral allemand.

Les reproches formulés par Ecosia

Christian Kroll, fondateur et directeur général d’Ecosia, a détaillé ses griefs à Politico. Ils reposent uniquement sur ses déclarations :

  • La qualité : selon lui, les modèles de Mistral auraient « un an de retard » sur la concurrence, une appréciation qu’aucune donnée ne vient chiffrer.
  • La fiabilité : Ecosia dit avoir rencontré des problèmes techniques récurrents, notamment des serveurs surchargés, rapporte 01net.
  • L’environnement : d’après Christian Kroll, Mistral ne correspond pas aux objectifs écologiques d’Ecosia, une large part de l’électricité française étant d’origine nucléaire.
  • La souveraineté : il estime que la dépendance de Mistral à des investisseurs internationaux n’est pas véritablement souveraine.

« Nous étions tout simplement un client trop important pour Mistral. »

Christian Kroll, fondateur et directeur général d’Ecosia

Chez Mistral, la réponse a pris deux formes. Sur X, son directeur général Arthur Mensch a répondu : « Désolé si le fait d’utiliser de l’énergie nucléaire est vraiment bloquant. » Guillaume Lample, directeur scientifique et cofondateur, a invité Ecosia à essayer Large 4 : « Je les encourage à tester notre nouveau modèle au plus vite. Nous pouvons même leur en donner un accès anticipé dès aujourd’hui s’ils le souhaitent ».

Melious, une plateforme allemande pour des modèles ouverts

Pour remplacer Mistral, Ecosia s’est tourné vers un intermédiaire. Melious, société allemande, héberge en Europe une soixantaine de modèles ouverts, dont les modèles chinois Qwen, conçu par Alibaba, GLM, développé par Z.ai, et Kimi, signé Moonshot AI.

Ordinateur portable ouvert sur un bureau, à côté d’une plante en pot orange, de lunettes de vue et d’un smartphone, devant des stores clairs.
Un ordinateur portable, une plante en pot, des lunettes et un smartphone posés sur un bureau devant des stores verticaux. Source : Pexels. Photographe : Lisa Fotios. Licence Pexels.

Christian Kroll affirme avoir réduit les coûts d’Ecosia de moitié environ, tout en améliorant la qualité et les performances. Ces résultats sont avancés par Ecosia et ne sont étayés par aucun chiffre public.

Censure, partialité et pari européen

Le recours à des modèles conçus en Chine soulève des questions de censure et de partialité. Christian Kroll ne les juge pas rédhibitoires : à ses yeux, il reste possible d’apporter des correctifs, contrairement aux lacunes de qualité, explique-t-il selon Next. Le média relève lui-même que ce choix est « assez croquignolet » du point de vue de la souveraineté.

Le dirigeant voit même dans ces modèles une opportunité pour l’Europe : le continent pourrait bâtir ses services dessus sans dépenser des milliards d’euros pour entraîner ses propres modèles de pointe. C’est une lecture stratégique propre à Ecosia, qui n’est pas démontrée.

Qwant reste chez Mistral, mais compare

La décision ne change rien dans l’immédiat pour Qwant, partenaire d’Ecosia dans la construction d’un index de recherche européen. Ses réponses flash fonctionnent toujours avec des modèles Mistral.

Qwant a toutefois confirmé à Next qu’il teste d’autres possibilités, pour une raison différente de celle d’Ecosia : « Les récentes évolutions tarifaires de Mistral nous amènent à évaluer les alternatives disponibles, en tenant compte de leurs performances et de leurs coûts ». Rien n’indique à ce stade que le moteur français abandonnera Mistral.

Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Brett Sayles. Licence Pexels.

Camille Lefèvre

Conception web, applications, visibilité et monétisation

Camille Lefèvre

Camille Lefèvre conçoit des interfaces depuis une douzaine d'années, d'abord dans une agence de communication à Nantes puis en indépendante. Elle écrit sur le design de sites, l'ergonomie, l'accessibilité et les tendances graphiques, avec une préférence pour les pages que l'on comprend en dix secondes. Elle garde un carnet de croquis rempli de formulaires mal pensés croisés au quotidien et fait de la poterie le dimanche.